Baby Loup : le gouvernement doit réaffirmer le principe de laïcité !

La Cour de cassation, a annulé mardi 19 mars le licenciement en 2008 d’une salariée d’une crèche privée, «Baby Loup», qui s’était vu reprocher par son employeur de refuser d’ôter son voile islamique. En effet, «s’agissant d’une crèche privée», la Cour a estimé que le licenciement de cette salariée constituait «une discrimination en raison des convictions religieuses» et devait être «déclaré nul».

La question de la laïcité dans les entreprises privées vaut largement la peine d’être posée tant ce débat peut parfois agiter nos concitoyens. N’en déplaise aux apôtres du modèle communautariste anglo-saxon, la laïcité n’est pas une simple règle de neutralité, c’est avant tout le cadre essentiel au vivre-ensemble dans lequel peut s’épanouir sereinement une société.

Une crèche, qu’elle soit privée ou pas, est un lieu essentiel pour le développement de l’enfant. Or, celui-ci ne peut se faire que dans un espace neutre qui est la condition sine qua non de la transmission des savoirs. Les enfants n’ont pas à subir cette influence religieuse afin de pouvoir eux-mêmes décider de leurs valeurs et croyances.

Cette décision de la Cour de Cassation a le mérite de remettre sur la table ce débat trop souvent oublié, ce qui va permettre, espérons-le, de clarifier les différentes positions de chacun. Il est évident qu’il faut légiférer afin de réaffirmer le principe de laïcité au sein de ces structures. Saluons la réaction rapide du gouvernement qui s’est saisi du dossier, bien qu’il soit urgent de passer des paroles aux actes.

On est pourtant en droit de douter de la volonté de ce gouvernement socialiste ; héritier d’une gauche qui, ces dernières années, a clairement fait preuve de lâcheté dans ce domaine, que ce soit en 1989, quand le Ministre de l’Education Nationale de l’époque, Lionel Jospin, n’avait pas eu le courage politique de trancher sur ce sujet ou encore plus récemment lors du débat sur l’interdiction du port de la burqua quand seulement une poignée de responsables socialistes avaient osé voter cette loi. Cette gauche qui a malheureusement trop souvent laissé le Front National usurper le rôle de seul défenseur de la laïcité et la République.

Comme l’a souvent déclaré Nicolas Dupont-Aignan, il faut avant tout redonner « un sens concret et de la perspective à une identité française qui sera d’autant plus ouverte qu’elle sera forte dans ses assises et ferme dans ses principes ». Espérons que Manuel Valls en a conscience.

Julien Châtel

DLJ Paris

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