Livre Blanc de la Défense : le gouvernement ne croit plus en la France

Le nouveau livre blanc de la Défense, rendu public cette semaine par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, devait définir les grands axes stratégiques de notre Défense nationale pour les années à venir. De grande stratégie, il n’y a eu que l’abaissement militaire de la France par des coupes sombres dans le budget des armées.

C’est une technique courante de négociation à laquelle s’est livré François Hollande pour annoncer les mesures concernant notre armée : demander au départ plus que nécessaire afin de faire ensuite illusoirement des concessions pour atteindre son objectif initial. Après avoir annoncé des coupes drastiques dans les effectifs, le gouvernement a donc choisi une solution moins économe, certes, mais qui montre à quel point nos élites se sont résignées à voir la France rentrer dans le cercle des pays de 2nd rang.

La nouvelle est donc tombée : 24 000 suppressions de postes vont s’ajouter à celles qui sont encore prévues par le livre blanc de 2008. Au total nous aurons ainsi 34 000 suppressions d’emplois d’ici 2019 dans nos effectifs militaires, réduisant notre capacité de projection à seulement 15 000 hommes.  Déjà très fortement sollicitées en 2008, davantage que les autres administrations, l’Armée souffre en silence des politiques de rigueurs irréfléchies !

Ce à quoi il faut ajouter une réduction de notre flotte aérienne de 25% par rapport à 2008 ou l’achat de seulement 35 A400M au lieu des 70 initialement prévus, ou encore la commande de huit frégates de 1er rang au lieu de 11 ! En plus d’affaiblir notre potentiel militaire, François Hollande met ainsi en péril notre industrie militaire, gage de notre indépendance nationale.

Après avoir pourtant démontré avec brio au Mali que ses compétences et son savoir-faire n’avaient rien à envier aux autres puissances militaires, c’est un nouveau coup porté au moral de nos troupes. François Hollande, pourtant déclaré comme opposant à la politique atlantiste de Nicolas Sarkozy, emboîte le pas de cette idéologie mortifère qui vise à se priver des moyens d’une politique étrangère vraiment mondiale. La France ne se situe plus face au monde mais continue de se morfondre dans le moule du « camp occidental », assurant sa protection sous l’égide de l’OTAN, alors que nous vivons dans un monde déjà multipolaire. La France, par son histoire, devrait plutôt s’attacher à défendre cet équilibre entre les puissances régionales, comme l’a toujours fait le Général de Gaulle.

Cette décision n’est en fait que le reflet d’une partie de nos élites, qui n’ont plus confiance en la France. Car comme l’a déclaré Nicolas Dupont-Aignan, « c’est libre que la France pourra relancer le rêve national qui doit habiter chacun d’entre nous, c’est souveraine que la France pourra aux côtés des autres nations d’Europe, bâtir un projet qui affirmera le retour de notre continent dans une Histoire que jamais elle n’aurait dû abandonner ». François Hollande, lui, préfère acter le déclassement de la France plutôt que de s’opposer aux exigences budgétaires criminelles de Bruxelles.

Julien Châtel

DLJ Paris

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