Madame Fioraso, il faut durcir la loi Toubon, pas l’assouplir !

C’est un projet qui déchire le Parti Socialiste : la ministre de l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, souhaite assouplir la loi Toubon pour permettre d’augmenter la part d’enseignement en anglais dans nos universités. Un projet dangereux qui va à contre-sens de ce qu’il faut faire.

 

 

 

L’invasion du « globish »

La globalisation n’est pas seulement économique. Elle est aussi culturelle et s’appuie sur l’anglais. Comme le souligne Claude Hagège, « imposer sa langue, c’est imposer sa pensée ». La langue est un élément essentiel de l’identité d’un peuple puisqu’il s’agit de son moyen de communiquer. Une langue façonne la pensée, la culture, l’identité de la personne qui la parle et plus largement de la communauté à laquelle il appartient. C’est un élément essentiel de l’identité nationale.

Et même si la France fait de la résistance contre la culture étasunienne, grâce aux lois protectionnistes de son industrie musicale et cinématographique, l’anglais ne cesse de pousser son influence dans tous les compartiments de notre vie : au travail, où certaines multinationales françaises vont même jusqu’à l’imposer dans les réunions, y compris quand elles ne rassemblent que des français, dans l’enseignement, où une proportion grandissante de cours est donnée dans la langue de Shakespeare, mais aussi dans notre vie courante, dans la publicité ou les produits que nous achetons.

Cette invasion linguistique est aussi bien véhiculée par la gauche internationaliste, qui trouve tellement pratique de pouvoir communiquer avec tous les peuples du globe, que par la droite des affaires qui y voit un moyen de faire des économies d’échelle. Le tout est défendu par une partie des élites mondialisées, pour qui l’anglais (ou plutôt, sa variante internationale, le « globish ») est devenue la deuxième langue maternelle, au point d’inscrire leurs enfants dans des écoles bilingues.

Aller plus loin que la loi Toubon

Mais laisser faire cela, ou même l’encourager, comme souhaite le faire la ministre, pose deux problèmes. Non seulement, il s’agit d’une forme de trahison à l’égard de la patrie, dont la langue est un élément constitutif essentiel. Mais ensuite, il s’agit d’une erreur stratégique majeure : le français reste une langue importante à l’échelle de la planète et l’anglais pourrait bien perdre de son influence dans un monde devenu multipolaire, où les Etats-Unis ne seront plus aussi dominants.

En outre, quel intérêt y-aurait-il pour des étrangers à venir étudier en France si c’est pour vivre dans une bulle globalisée où tout le monde ne parle qu’anglais ? Du coup, il importe de défendre mordicus cet élément essentiel de notre identité qu’est le français, comme le font les Québécois. Madame la ministre fait totalement fausse route. Plutôt que d’assouplir la loi Toubon, il faut au contraire la durcir pour éviter les absurdités du type du slogan« Motion and emotion » de Peugeot, quand BMW fait l’effort de parler de « Plaisir de conduire », ou tous les noms de produits anglicisés.

Aujourd’hui, au contraire, plutôt que d’ajouter en petits caractères une traduction en français des slogans publicitaires en anglais, pourquoi ne pas carrément les interdire ? Les marques ne perdront rien à parler la langue de leurs consommateurs… De même, on peut se poser la question des dénominations des produits vendus en France. Enfin, même s’il ne s’agit pas forcément d’imposer une pratique en toutes circonstances du français dans toutes les entreprises et toutes les enceintes scolaires, nous devons veiller à ne pas nous transformer en annexe de la globalisation anglo-saxonne.

Madame la ministre, l’intérêt de notre pays, ce n’est pas de démanteler une loi Toubon qui ne va pas assez loin dans la protection de notre identité pour faciliter l’usage de l’anglais dans nos universités. C’est, au contraire, aller plus loin dans sa défense dans tous les moments de notre vie.

Laurent Pinsolle

(http://www.gaullistelibre.com)

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