Migrants : les bras ballants de nos dirigeants

migrants clandestinsCe n’est pas seulement toute la misère, c’est aussi tout le malheur du monde qui déferle sur nos rivages. Nées en Afrique et en Asie, là où les capacités de souffrance semblent aussi inépuisables que les réserves de population,  des vagues de plus en plus puissantes viennent se briser sur les antiques parapets de la vieille Europe et franchissent le plus souvent les digues délabrées que l’on prétend leur opposer.
 
On ne peut retenir l’Océan avec les mains. Impuissants à contenir une inondation jusqu’à présent pacifique, les garde-côtes qui patrouillent en Méditerranée, débordés, se contentent d’acheminer jusque dans les ports italiens ou grecs ceux-là mêmes à qui ils sont censés barrer la route et l’on a vu pour la première fois la police d’un petit Etat, la Macédoine, baisser les bras devant la foule des migrants en quête d’improbables Eldorados.
Les exécutants, matériellement dépassés, ne sont pas en cause. Ce n’est pas à leur niveau que se prennent ou plutôt que devraient se prendre les décisions. Ce sont les politiques qui, sur le terrain de l’immigration comme sur celui de l’insécurité, se comportent comme des témoins impuissants, hébétés, divisés, les bras ballants, face à un problème  économique, social et humain qu’il leur incombe normalement de résoudre.
L’Union européenne s’est montrée incapable de définir et de mener une politique commune dans ce domaine. Comment le pourrait-elle ? Certains de ses membres, dont le chef de file est l’Allemagne, sont dans une situation économique et démographique telle qu’ils ne redoutent nullement, bien au contraire, l’afflux d’une population étrangère jeune et dynamique. D’autres, comme la France, déjà incapables de loger, d’employer leurs nationaux, d’assimiler leurs émigrés, ne sont pas en mesure d’accueillir des centaines de milliers de nouveaux arrivants qui viendraient alourdir encore une barque qui fait déjà eau de toutes parts. Mais les traités que nous avons signés, les règles que nous nous sommes imprudemment engagés à appliquer et notamment celles qui ont créé l’espace Schengen nous interdisent de mener la politique d’intérêt national qui consisterait en l’occurrence à reprendre le contrôle de nos frontières. Encore ne s’agit-il là que du court terme et de l’urgence. Le problème persistera et s’aggravera tant que la communauté internationale n’aura pas rétabli l’ordre là où règne le chaos, la paix là où se déchaîne la violence et aidé au développement des pays émergents. Vaste programme.
Nos dirigeants, le nez dans le guidon, dénoncent la montée de la xénophobie et de ce qu’ils appellent le populisme. Personne d’autre qu’eux ne nourrit les monstres qui les affolent et qui ne doivent leur naissance et leur croissance qu’à leur inertie, à leur incurie et à leur lâcheté. Le réveil de peuples menacés dans leur tranquillité, leur sécurité et leur identité est la réaction naturelle d’un organisme qui face à une attaque sécrète des anticorps. 
Le déclin des vieux partis, le divorce entre le peuple et ses représentants est la sanction de leur démission. L’ambition est la chose du monde la plus facile et la plus répandue. Mais quel sens a-t-elle si l’on n’accède au pouvoir que pour y fuir ses responsabilités, si l’ambition satisfaite se révèle une imposture. La démocratie n’est pas incompatible avec la volonté de Clemenceau, le courage de Pierre Mendès France, la lucidité de Philippe Séguin, la grandeur de Charles de Gaulle. Celui-ci n’avait pas rétabli la République et restauré l’Etat pour en confier la direction à des limaces.
Dominique Jamet
Vice-Président de Debout la France

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