Attentat de Munich : un négationnisme d’un nouveau genre

David Ali SonbolyPar Anthony Mitrano

David Ali Sonboly, le terroriste Germano-iranien de 18 ans qui a tué 9 personnes à Munich vendredi 22 juillet  avant de se suicider.

 

 

Que l’Allemagne officielle est pathétique lorsqu’elle nie sciemment le caractère djihadiste des terroristes qui la poignarde en son sein. Ce ne sont que des déséquilibrés, des cas isolés fascinés par l’horreur nous dit-on. Tout au plus ils n’ont qu’un lointain rapport avec l’islam, et plus sûrement, sans peur de rapprochement douteux, évasif et incertain, il est préférable de les assimiler pour certains aux néonazis, – qui selon Merkel et les médias officiels –  est le véritable fléau qui menace la paix et le bien vivre ensemble dans l’Allemagne de 2016.

Appliquons alors cette théorie fumeuse à un des cas en l’espèce. Un germano-iranien de 18 ans qui a tué à Munich 9 personne. Fraîchement converti au christianisme, voulant soi-disant faire une tuerie de masse comparable aux 77 morts du norvégien Anders Breivik- son modèle nous apprend-t-on, tue-il dans l’intention de sauver la suprématie de la race blanche et la pureté de la race aryenne ?

Si l’on tient effectivement à s’accrocher désespérément à cette théorie, on peut effectivement relater que les seuls pays du monde qui parle des aryens, ce sont l’Iran – qui littéralement signifie le royaume des Aryens – et l’Allemagne du IIIe Reich.

Qui peut croire sincèrement et de façon durable à une telle farce ? Les autorités allemandes apparemment.

Si son horrible geste n’était peut -être lié à une idéologie islamiste pourquoi alors aller le rattacher au néonazisme ?

Les partis anti-immigration progressent électoralement en Allemagne suite au choix funeste et désastreux de Merkel d’accueillir près d’un million de migrants. Alors, même pas un biais détourné, tout devient un excellent prétexte pour jeter l’anathème et le discrédit sur ces partis. Il faut faire feu de tout bois jusqu’à aller utiliser le cas d’un terroriste d’origine étrangère converti – sincèrement ? On ne le sait pas – au christianisme et commettant un attentat 5 ans jour pour jour après celui d’Anders Breivik, pour dire que le danger qui monte c’est le néonazisme.

L’expression consacrée « pas d’amalgame » lors que l’on parle de terrorisme et d’islam, n’a plus cours lorsqu’il s’agit de certains individus et groupement politiques.

La nécessaire honnêteté intellectuelle cesse. Lorsque l’on parle d’immigration, d’identité ou bien encore – tabou suprême – de souveraineté, les vannes de la plus formidable des malhonnêtetés intellectuelles sont grand ouvertes. Plus qu’autorisé, il est recommandé d’amalgamer patriotisme et scepticisme envers l’UE avec populisme et nationalisme, contrôle de l’immigration avec xénophobie et racisme, questionnement sur l’identité et la laïcité avec islamophobie – et j’en passe et des meilleurs – dans une joyeuse farandole médiatique de mauvaise foi et d’approximations au service de dirigeants en place.

Mais reprenant la métaphore du conte et de la fable pour parler en autre de l’attentat de Munich, il est plus que souhaitable pour les conteurs d’histoires de prendre bien garde  à ce que les enfants sensés écouter sagement ces balivernes ne s’en agacent pas, et que refermant violement les pages de ces indigestes livres  sur les doigts des fabulistes, ils ne décident un jour de changer de conteurs.

 

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