Liberté, j’aimerais encore pouvoir chérir ton nom demain…

je suis CharlieDouleur immense, mais aussi sang-froid et lucidité. Il faut rendre l’hommage qui s’impose aux 12 victimes et avoir une pensée pour les familles. La liberté d’expression n’a pas de prix et c’est elle qui était évidemment visée aujourd’hui. Nous devons tout faire pour la défendre face à l’obscurantisme et, par-delà les divergences d’opinions, rendre hommage au courage de ceux qui viennent de laisser leur vie, les journalistes, mais aussi les deux policiers qui les protégeaient.J’aime la formule que Charb avait reprise à Zapata et à Camus lors du premier attentat contre Charlie Hebdo: « Je préfère mourir debout que de vivre à genoux ». Toute proportion gardée, beaucoup d’entre nous se retrouvent dans la formule et se refusent à être des moutons bêlants ou des brebis craintives. Beaucoup d’entre nous sont aussi ce soir dans les différentes marches.

Après le temps de l’indignation doit cependant venir celui des mesures. Je ne parle pas de la poursuite des auteurs de cette tuerie abominable et de leur châtiment qui s’imposent d’eux-mêmes, mais des mesures de fond.

Tout angélisme et tout laxisme seraient non seulement une injure à la mémoire de ceux qui sont morts mais aussi un autre crime, un crime de lèse-société dans le climat actuel de délitement généralisé que nous connaissons. Inévitablement, le crime fait le jeu des extrémistes alors que les plus hautes autorités de l’Islam et du monde arabe viennent pourtant de le condamner. Pratiquer ici aussi la politique de l’autruche c’est cautionner cette montée à l’extrême. Beaucoup de politiques semblent aujourd’hui abasourdis et disent leur effroi. Il ne fallait pourtant pas être grand clerc pour deviner ce qui allait arriver et ce qui se reproduira nécessairement si nous ne changeons pas radicalement de façon d’agir.

Le rétablissement de l’Etat dans la plénitude de ses prérogatives et de ses moyens s’impose. Au moment de la tuerie, mon fils récitait « Liberté » de Paul Eluard en classe et je pense que nous aimerions tous que les enfants de nos enfants puissent encore le réciter demain.

Eric Anceau

Responsable du projet de DLF –

Position de Debout la République sur le projet de loi Taubira

Ce week-end, beaucoup de militants et de sympathisants se sont interrogés sur ma position personnelle et celle de Debout la République à l’occasion de la « Manif pour tous » qui a rassemblé un très grand nombre de Français contre le projet Taubira d’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels ainsi que de l’extension de la Procréation Médicalement Assistée (PMA),

Plutôt qu’un long discours, je préfère partager avec vous la vidéo de mon intervention contre ce projet de loi que je combattrai avec vigueur à l’Assemblée Nationale. La position de DLR est claire, nous soutenons une union civile pour les couples homosexuels, ainsi qu’un statut du beau-parent, mais nous combattons le projet de Mme Taubira qui privera les enfants de toute filiation et ouvre la voie à la PMA et donc à la marchandisation de l’enfant. Nous privilégierons toujours le droit de l’enfant au droit à l’enfant.

Ci dessous mon passage dans l’émission de Paul Amar sur France 5 :

Dupont-Aignan invité de Paul Amar sur FR5 par dlrtv

Très sincèrement,

 

Nicolas Dupont-Aignan

Député de l’Essonne

Président de Debout la République

Position de DLR sur le mariage homosexuel

Depuis quelques semaines, un nouveau point de scission agite la gauche et la droite : le projet de François Hollande et de son gouvernement d’ouvrir le mariage aux couples homosexuels en 2013. Alors que les deux partis UMP et PS sont en parfaite osmose sur l’essentiel, ils se complaisent à ouvrir des lignes de front sur des débats accessoires. Et le mariage homosexuel a été une occasion parfaite pour l’UMP de rappeler son attachement aux valeurs traditionnelles de la famille, et au PS de préempter une pseudo-vision progressiste.

A Debout la République nous avons toujours été extrêmement méfiants vis-à-vis de ces thématiques sociétales. Que ce soit le mariage homosexuel ou la légalisation du cannabis, ce sont autant de débats qui servent de contrefeux pour cacher les vrais problèmes : la perte de souveraineté vis-à-vis de Bruxelles, le chômage, la soumission aux marchés financiers…

C’est pourquoi nous avons toujours mis au second plan ces débats stériles qui ne sont pas à la hauteur de la gravité de la situation que connait aujourd’hui notre pays. Cependant comme Debout la République rassemble des gens d’horizons politiques divers dont les avis sur ces questions sociétales peuvent être différents, il me semble important de rappeler la position de notre mouvement sur le mariage homosexuel et l’adoption par des couples de même sexe. Celle-ci n’a pas changé depuis les élections présidentielles et législatives.

Nous estimons que le législateur doit concilier deux principes très importants, deux libertés essentielles. Et comme toujours en cas de conflit entre deux libertés fondamentales, il faut avoir le courage de faire un choix clair et net.

Le premier de ce principe est qu’il n’existe pas dans notre société française – je le crois profondément –  un droit « à » l’enfant. Et c’est la raison pour laquelle notre mouvement s’oppose à l’adoption par un couple homosexuel. En effet, obtenir un enfant n’est pas un droit, et parfois la vie – dans sa dureté – empêche malheureusement des personnes pourtant tout à fait aptes à éduquer un enfant d’en avoir un.

En revanche il existe un droit imprescriptible pour chaque enfant d’avoir un père et une mère à sa naissance. En ce sens, nous privilégions le droit de l’enfant au droit « à » l’enfant. Alors bien sûr, la vie écarte parfois l’enfant très tôt de son père ou de sa mère, et nul doute –  dans l’absolu – qu’un couple homosexuel stable le rendrait plus heureux. Mais je ne pense pas comme législateur qu’on puisse priver dès le jour même de sa naissance l’enfant de l’idée même d’un père ou d’une mère : en clair, on ne peut pas être le fils ou la fille de deux personnes du même sexe.

Le second de ces principes est malgré tout, le droit pour chaque individu de vivre sa vie comme il l’entend. Il apparait donc légitime de vouloir solenniser les liens forts qui unissent deux personnes. A Debout la République nous sommes donc en faveur d’une  « alliance », conclue en Mairie et ouvrant à certains avantages supplémentaires par rapport au PACS (notamment fiscaux), comme la possibilité de toucher une réversion en cas de décès. En tout état de cause, il ne s’agit pas de l’équivalent du mariage, ce qui serait une première étape vers l’adoption. En effet dans notre société le mariage est l’union de deux personnes de sexe différent en vue de procréer. C’est pourquoi on ne peut parler de mariage pour un couple homosexuel.

 

Voilà donc la position officielle de notre mouvement sur le mariage homosexuel et l’adoption d’un enfant par un couple du même sexe. Il convient maintenant de clore ce débat et de cesser ce tapage médiatique pour aborder enfin les vrais problèmes sociaux et économiques car aujourd’hui nos compatriotes se demandent surtout comment ils vont pouvoir offrir un avenir à leurs enfants. La question du mariage homosexuel est le cadet de leurs soucis.

 

Nicolas Dupont-Aignan

Président de Debout la République